[Alerte au Chikungunya] Le Dr. Fazil Khodabaccus insiste sur la nécessité de faire preuve de prudence et de vigilance
Avec raison, le ministre de la Santé et du Bien-être, Anil Bachoo, a tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière : le chikungunya, une maladie virale transmise à l’homme par les moustiques Aedes albopictus et Aedes aegypti, est désormais présent à Maurice. Alors que l’île de La Réunion enregistre actuellement des milliers de cas, notre pays a recensé trois infections locales confirmées. Le premier cas a été détecté à Tamarin chez une femme de 37 ans, suivi de deux autres à Rivière Noire : une femme de 42 ans et un homme de 45 ans.
[UPDATE : Le ministère de la Santé a confirmé le 1er avril 2025 que le pays compte 23 cas de chikungunya, dont 17 transmissions locales et six cas importés.]
Dans une déclaration à MÉTRO PRESSE, le Dr. Fazil Khodabaccus, Senior Community Physician au ministère de la Santé, a insisté sur la nécessité pour la population de faire preuve de prudence et de vigilance. « Bien que rarement mortel, le chikungunya peut provoquer d’intenses douleurs et une incapacité prolongée, altérant considérablement la qualité de vie. Les traitements actuels étant uniquement symptomatiques, il est essentiel de consulter un médecin dès l’apparition de symptômes évocateurs » a dit le spécialiste qui a été anciennement le Regional Health director de SAJ Hospital.

Pour rappel, le virus qui transmet le chikungunya, cible principalement les muscles, les articulations au niveau des mains et des pieds, les tissus où circulent les globules blancs et, dans certains cas, le système nerveux central.
Les personnes ayant déjà contracté la maladie à Maurice témoignent de douleurs persistantes, particulièrement marquées en période hivernale. « Ou al dormi aswar me landime na pa kapav leve » nous a dit un professionnel de la photographie, qui à déjà contracté le virus dans le passé.
LA TRANSMISSION PAR LE MOUSTIQUE AEDES
Il est bon de savoir que la transmission du chikungunya se fait par la piqûre de moustiques infectés. Lorsqu’un moustique sain pique une personne porteuse du virus, celui-ci se multiplie dans son organisme et peut être transmis à d’autres individus lors de piqûres ultérieures. Le chikungunya appartient à la famille des arbovirus et ses principaux vecteurs, les moustiques Aedes albopictus et Aedes aegypti, sont également impliqués dans la transmission d’autres maladies comme la dengue, la fièvre jaune et le virus Zika. Ces moustiques, reconnaissables à leurs rayures noires et blanches, piquent essentiellement en journée, notamment tôt le matin et en fin d’après-midi.
Après une incubation de 2 à 10 jours, l’infection se manifeste par des douleurs articulaires souvent très handicapantes.
À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le chikungunya. Pour atténuer les douleurs, les médecins prescrivent des antalgiques et des anti-inflammatoires.
Les mesures de précaution à prendre selon le Dr. Fazil Khodabaccus :
· Porter des vêtements longs pour limiter l’exposition aux piqûres,
· Appliquer des répulsifs cutanés,
· Traiter vêtements et moustiquaires avec des insecticides,
· Maintenir un environnement propre en éliminant les déchets et en entretenant les espaces boisés,
· Supprimer les eaux stagnantes, notamment dans les pots de fleurs et les pneus usagés.